Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Pendant cette délibération, dont les malheureux captifs ne devinaient que trop bien l'issue, les fils de Ghisulf, qui jouissaient d'un peu plus de liberté que les autres à cause de leur jeunesse, échappant à l'œil de leurs gardiens, s'approchèrent de quelques chevaux qui paissaient sur la lisière du camp, à l'aventure et sans maître. Enfourcher chacun une monture et s'éloigner à toute vitesse n'était qu'un jeu pour les trois aînés, déjà grands et cavaliers experts; mais le plus jeune, appelé Grimoald, n'était encore capable ni de monter seul à cheval, ni de s'y tenir solidement. C'était pour ses frères une inquiétude poignante, la seule qui les troublât dans leur projet de fuite; désespérant même de pouvoir emmener cet enfant avec eux, ils résolurent de le tuer, afin de le soustraire du moins à l'humiliation de la servitude. Déjà l'un d'eux, mettant sa lance en arrêt, se préparait à le percer, quand Grimoald lui dit en sanglotant: «Ne me tue pas, frère! mais aide-moi à me placer sur ce cheval, et je m'y tiendrai bien110.» Ému de compassion, le fils de Ghisulf souleva son frère dans ses bras, le plaça à cru sur la monture111, et, après lui avoir donné quelques conseils, il s'élança lui-même sur la sienne et partit au grand galop. Malheureusement ils avaient été vus, et un gros de cavaliers ennemis se mit à leur poursuite sans perdre mi moment. Les trois aînés, inébranlables sur leurs bêtes et profitant de l'avance qu'ils avaient, gagnèrent les bois voisins, où ils disparurent à tous les regards; mais Grimoald fut atteint par celui des Avars qui chevauchait en tête de la troupe.