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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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En 610, la scène change: ce n'est plus pour assister les Lombards que le kha-kan des Avars descend en Italie, mais pour les surprendre et les piller. A la tête d'une armée formidable, il se jette sur le Frioul, qui faisait partie du royaume lombard sous des ducs héréditaires de la famille d'Alboïn. L'irruption avait été si vive, que le duc régnant, nommé Ghisulf, se trouva hors d'état d'y résister; les troupes qu'il avait rassemblées à la hâte furent battues; lui-même fut tué, et ses capitaines coururent se renfermer dans les châteaux voisins avec les soldats qui survivaient103. L'ancienne ville romaine de Forum-Julii, forte d'assiette et ceinte de bonnes murailles, était la citadelle du duché en même temps que sa métropole: la veuve et les enfants de Ghisulf s'y réfugièrent ainsi que les plus qualifiés des seigneurs lombards et la meilleure partie des troupes. Cette veuve de Ghisulf, nommée Romhilde, était une femme d'un caractère viril et résolu, mais impudique et livrée à des passions sans frein. Il lui restait de son mari huit enfants, savoir quatre filles et quatre fils, dont le plus jeune était encore en bas âge, tandis que l'aîné entrait dans la puberté. Sa double qualité de veuve et de mère de ducs lui donnant part au gouvernement des affaires suivant la coutume germanique, Romhilde s'occupait avec sollicitude de tout ce qui regardait la défense de la place, dont les Avars n'avaient pas tardé à faire le siége. Leurs attaques furent d'abord sans aucun succès, grâce à la bonne contenance des Lombards: repoussés dans leurs escalades, déjoués dans leurs surprises et peu faits pour les travaux patients qu'exigent les siéges, ils se découragèrent, et songeaient déjà à partir quand une aventure romanesque les retint.

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