Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Voilà ce que pouvaient se dire avec raison l'empereur et son conseil; mais quand leurs regards se portaient du côté du Danube sur ces Avars dont la cupidité, la turbulence et la mauvaise foi étaient proverbiales, leur sécurité diminuait. Rien, il est vrai, n'annonçait un mouvement prochain ni dans les plaines pontiques, ni dans les steppes de l'Asie occidentale, et la trêve qui existait entre les Avars et l'empire romain durait déjà depuis quatorze ans; pourtant on n'osait compter sur une paix sincère, tant le souvenir de Baïan était présent à tous les esprits! Le caractère du kha-kan nouveau n'était guère fait non plus pour inspirer confiance. Afin d'observer les choses de plus près et d'amener ce kha-kan, s'il était possible, à des engagements solides et durables, Héraclius envoya en Hunnie deux personnages de haut rang, chargés de négocier avec lui un traité d'alliance sur de nouvelles bases: c'étaient deux hommes qui passaient pour clairvoyants et expérimentés, le patrice Athanase, honoré souvent de ces sortes de missions, et Cosmas, questeur du palais impérial100. Avant de les suivre dans leur ambassade, je ferai une halte de quelques moments, et je reprendrai le fil de l'histoire des Avars où je l'ai quittée, c'est-à-dire à l'année 602, époque de la mort du kha-kan Baïan et de l'empereur Maurice.