Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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La vraie croix, suivant la description que nous en donnent les historiens, était renfermée dans un étui d'argent ciselé, garni d'une serrure dont le patriarche de Jérusalem avait seul la clef, et qui, pour surcroît de précaution, était scellé de son sceau épiscopal93. Soit réserve respectueuse vis-à-vis de son maître, à qui il voulait envoyer le bois que les Perses supposaient être l'objet du culte des chrétiens, soit plutôt sentiment de frayeur involontaire, Schaharbarz s'abstint de toucher à la croix; il ne brisa point les sceaux, il ne demanda pas même la clef, qui resta en la possession de l'évêque. La sainte croix, portée à Chosroès en l'état où on l'avait prise, fut déposée d'abord en Arménie, dans un château voisin de Gandzac, la ville actuelle de Tauris, château ruiné aujourd'hui, mais que la tradition montrait encore debout pendant le moyen âge94. Lorsque Gandzac se trouva menacé par les armes d'Héraclius, comme nous le dirons plus tard, la croix, transportée de place en place suivant le caprice de Chosroès, fut enfin reléguée au fond de la Perse. Deux autres reliques de la passion, l'éponge où le Christ avait bu le fiel et le vinaigre, et la lance qui lui avait ouvert le flanc, étaient tombées dans les mains d'un officier perse, qui consentit à les vendre, mais au poids de l'or95. Un chrétien les racheta. Transportées à Constantinople, elles y furent exposées pendant quatre jours à la pieuse curiosité des fidèles, et pendant ces quatre jours, le lieu où on les avait placées ne désemplit pas: chacun voulait contempler ces instruments vénérables du salut du monde, les toucher avec respect et les baigner de ses larmes96.