Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Enfin les Romains passèrent cette rivière fameuse, interdite à leurs aigles depuis deux cents ans, non loin de laquelle s'était élevée la demeure d'Attila et où s'élevait encore celle de Baïan; mais ils ne la passèrent qu'en petit nombre et pour observer l'ennemi. Ce détachement tomba au milieu de trois bourgades habitées par des Gépides, et dans lesquelles ces serfs des Avars célébraient par des festins une de leurs fêtes nationales79. Chose incroyable, ils ignoraient qu'il se fût livré la veille une grande bataille dans leur voisinage, tant leurs maîtres les tenaient isolés et étrangers à tout intérêt public! Les Romains tombèrent sur cette tourbe de serfs désarmés et endormis pour la plupart, comme ils étaient tombés sur la peuplade du roi Musok, et la traitèrent de même. Baïan n'avait fui que pour revenir, avec le dernier débris de sa puissance, livrer une dernière bataille, qu'il perdit. Pourtant les Romains n'allèrent pas plus avant, ils évacuèrent même bientôt la rive septentrionale du Danube pour rentrer dans leurs quartiers.