Note (retour) — QUATRIÈME PARTIE.
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A l'action principale que je viens d'esquisser se joignent dans les récits traditionnels beaucoup de détails, empruntés évidemment aux chansons domestiques. Si l'on en veut croire ces vieilles poésies, les violences et les cruautés des Magyars contre les Allemands ne sont que des représailles de famille, dont l'origine remonte aux guerres d'Attila et de ses fils. Ainsi Bulchu, un des plus épouvantables héros de l'histoire hongroise, que ses actions atroces firent surnommer de son vivant Ver-Bulchu, c'est-à-dire Bulchu le mauvais, commettait ses barbaries dans un esprit de vengeance héréditaire. «Il faisait rôtir à la broche, nous dit Simon Kéza, tous les Allemands qu'il pouvait rencontrer, et buvait leur sang en guise de vin, par la raison que les Germains avaient fait périr cruellement un de ses ancêtres à la bataille de Crimhilt666.» On aperçoit bien ici comment le lien épique, passant d'une époque à l'autre, formait un seul tissu de toutes ces traditions générales ou particulières. Enfin les documents traditionnels que nous possédons contiennent, outre les faits relatifs à la conquête, l'état du pays conquis et la désignation des lots attribués à chaque famille par droit de premier occupant ou par concession ultérieure. C'est le Doomesday-Book de la Hongrie: à chaque ligne on y retrouve la mention que le droit de propriété dérive du roi Attila.