Note (retour) — QUATRIÈME PARTIE.
Reading edition
Il grandit et se développe dans tout l'éclat de la beauté magyare. «Il était brun, tirant sur le noir, dit la tradition; il avait de grands yeux noirs, une taille dégagée et souple, les mains grosses et les doigts longs642. Nul ne l'égalait en générosité, en bravoure et en justice, car, bien qu'il fût païen, le Saint-Esprit était avec lui643.» Il se marie, et son fils Arpad devient homme à ses côtés; mais une inquiétude secrète tourmente Almus. Quelque chose l'entraîne hors de son pays, à la recherche des royaumes jadis conquis par Attila: cédant enfin à sa destinée, l'enfant de Turul se décide à partir et appelle à lui des compagnons. Il s'en présente sept, sept chefs braves et renommés que suit une armée innombrable, et qui portent, dans la tradition, le nom d'Hétu-Moger, c'est-à-dire les sept Magyars par excellence. Les Huns, à leur départ d'Asie, comptaient aussi sept chefs, six capitaines et le grand-juge Turda. Les Hétu-Moger choisissent Almus pour commandant suprême ou duc, et se lient entre eux et à lui par un serment terrible. Rangés en cercle autour d'un baquet, le bras gauche étendu, ils s'ouvrent la veine avec leur poignard, et, confondant dans le baquet leur sang qui jaillit, ils jurent de reconnaître pour leurs ducs à perpétuité Almus et ses descendants, de mettre en commun leur butin et leurs conquêtes, de se tenir tous pour égaux, ayant place au conseil du chef; et tandis que leur sang tombe à gros bouillons dans le vase, ils prononcent ensemble ces mots: «Qu'ainsi coule jusqu'à la dernière goutte le sang de quiconque se révoltera contre le chef, ou tentera de diviser sa famille! Qu'ainsi coule le sang du chef, s'il viole jamais les conditions de ce pacte644!» Telle fut la première loi de la république des Magyars.