Note (retour) — QUATRIÈME PARTIE.
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Chaba vaincu se réfugie en Grèce avec quinze mille Huns, débris de son armée. Honorius, son aïeul, d'après la tradition (car la similitude de nom a fait d'Honoria une fille d'Honorius631), le reçoit avec tendresse à Constantinople, veut le retenir près de lui, et lui offre pour ses sujets des terres et des femmes. «Non, répond résolument le fils du Hun, j'ai en Asie, dans le pays des Moger, un autre aïeul que je dois revoir, j'ai une famille et une nation auxquelles je dois demander vengeance de la perfidie des Germains.» Il part donc après un court séjour en Grèce, et trouve dans le pays des Magyars son grand-père Bendekuz encore vivant, mais courbé sous les infirmités et le chagrin. Chaba le console, l'assiste dans le gouvernement de sa tribu et finit par lui succéder. Toutefois le fils d'Attila ne parvient pas à gagner l'affection des Magyars. Fier de sa descendance impériale, il affiche des prétentions blessantes pour sa nation. Les Magyars le rejettent à leur tour et le regardent comme un étranger; leurs filles mêmes s'éloignent de lui, aucune ne consent à le prendre pour époux, et il faut que Bendekuz aille chercher une femme pour son petit-fils chez les tribus du Korasmin632. Ce rôle de Chaba parmi les Magyars, son orgueil romain et le souvenir de sa mère Honoria planant sur toute cette histoire, mais à peine indiqué dans les maigres chroniques qui nous restent, donnent lieu de penser qu'ici se développait dans l'épopée hongroise quelque grand épisode se reliant à des traditions asiatiques aujourd'hui perdues. Chaba néanmoins fait oublier son orgueil; sa lignée prend racine dans le Dentumoger, et continue le rameau direct d'Attila jusqu'à la naissance d'Almus, père d'Arpad. Ses fils sont parmi les Magyars les gardiens fidèles des vieux souvenirs et de la renommée de leur aïeul; ils ne cessent d'animer leurs compatriotes à la recouvrance du patrimoine des Huns, envahi par les Germains et les Slaves.