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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — QUATRIÈME PARTIE.

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A peine la tombe du roi des Huns est-elle fermée, que ses deux fils, Chaba et Aladarius, tirent l'épée pour s'arracher les lambeaux de son héritage. C'est Théodoric qui les pousse à la destruction du royaume de leur père629. Les Germains prennent parti pour le fils de Crimhilde, les Huns pour celui d'Honoria, et la lutte à mort va se vider sur un plateau qui domine Bude, ville fatale, déjà marquée par un fratricide. La bataille ne dure pas moins de quinze jours; quinze jours durant, la flèche siffle dans l'air, les boucliers se heurtent et les épées se croisent: on ne vit jamais pareil massacre dans le monde. Chaba est vaincu, mais Aladarius vainqueur meurt de ses blessures. Les Germains donnèrent à cette terrible journée le nom de Crimhilt, en souvenir de la princesse germaine, mère d'Aladarius, qui avait semé la haine dans le cœur des deux frères, et qui peut-être présidait à la bataille où périt son fils. «Tant de sang y fut verse, dit Simon Kéza, que si les Allemands ne s'obstinaient pas à mentir par vanité, ils confesseraient que pendant plusieurs jours ni hommes ni bêtes ne purent boire dans le Danube entre Potentiana et Sicambrie, attendu que le fleuve roulait dans son lit moins d'eau que de sang630.» Cette phrase nous prouve qu'il existait au moyen âge une rivalité patriotique entre les minnesingers allemands et les rapsodes hongrois; chacun cherchant à exalter son pays aux dépens de l'autre: ce fut au milieu de ces joutes de l'orgueil national et de la poésie que la tradition revêtit sa dernière forme.

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