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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — QUATRIÈME PARTIE.

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Attila avait alors cent vingt-quatre ans625, ce qui n'était pas chez les Huns un âge très-avancé, puisque son père Bendekuz vivait encore et gouvernait en Asie la tribu des enfants de Nemrod626. A cet âge, il n'a rien perdu de l'ardeur et des passions de la jeunesse. Un peuple de femmes qu'il augmente sans cesse par de nouveaux mariages remplit son palais: à leur tête figurent deux princesses de sang illustre, la Romaine Honoria, fille d'Honorius, empereur de Grèce, et la Germaine Crimhilde, fille du duc de Bavière. Chacune d'elles lui a donné un fils, déjà sorti de l'adolescence: le fils d'Honoria se nomme Chaba, celui de Crimhilde, Aladarius. Enfants de deux mères rivales, ces deux jeunes gens se jalousent, et leur inimitié menace l'empire des Huns de déchirements et de ruines. Nous trouvons ici un mélange bizarre de la tradition nationale avec la tradition allemande; celle-ci a fourni Crimhilde, celle-là Honoria. La vanité asiatique n'a pas voulu que l'amour d'une fille d'empereur romain, si indigne qu'on la supposât, fût perdu pour un roi des Huns, et elle a marié Attila à la petite-fille de Théodose. Elle a fait plus: elle a voulu que sa descendance légitime se perpétuât seulement par cette misérable folle qu'il ne réclama jamais sérieusement, et qu'il dédaigna quand il put l'avoir. Honoria, dans la tradition magyare, est la véritable épouse d'Attila, la souche féminine des ducs et rois de la Hongrie, l'aïeule prédestinée de saint Étienne.

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