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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — QUATRIÈME PARTIE.

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Le grand héros de cette introduction est Sigurd, que les poëmes allemands appellent Siegfried. Issu de la race Scandinave des Volsungs, il court les aventures lointaines pour montrer sa vaillance et arrive sur les bords du Rhin. Il apprend là qu'un trésor merveilleux est caché dans le flanc d'une montagne, sous la garde du dragon Fafnir, serpent doué de la parole et de la prescience de l'avenir. Entrer hardiment dans la caverne, tuer le monstre et ravir son trésor, c'est pour Sigurd une entreprise facile; puis, d'après une recette qu'on lui a donnée, il arrache le cœur du monstre, le fait griller et le mange: aussitôt une métamorphose s'opère en lui; il entend le langage des oiseaux, c'est-à-dire qu'il connaît tous les secrets de la nature, ces mystérieuses confidences que les oiseaux gazouillent entre eux au printemps, sous l'ombrage. Une variante germanique porte que le héros se baigne dans le sang du dragon, et qu'à l'instant sa peau se couvre d'une couche de corne ou d'écaille qui rend son corps invulnérable, un seul point excepté, une étroite place entre les deux épaules, où une feuille de tilleul s'est arrêtée pendant son bain. Le langage des oiseaux enseigne au vainqueur de Fafnir des choses plus précieuses mille fois que toutes les richesses de la terre et de l'onde, à savoir le moyen de se rendre invisible et celui de plaire à toutes les femmes. Pour éprouver sa science, Sigurd se fait d'abord aimer de la valkyrie Brunehilde, qui, par une singulière confusion d'idées, toute fille d'Odin qu'elle est, se trouve sœur d'Attila491; mais bientôt il la délaisse pour la belle Gudruna, fille de Ghibic et de Crimhilde, sœur des deux princes niebelungs Gunther et Hagen. Il épouse Gudruna, et la valkyrie, trompée par ses artifices, s'unit à Gunther. Brunehilde, mieux instruite, jure de se venger de Sigurd. Elle excite contre lui Gunther et Hagen par la soif de l'or: les deux beaux-frères l'attirent dans un piége, lui enfoncent un poignard dans l'endroit vulnérable, et enlèvent son trésor. Toutefois la valkyrie, qui n'a point cessé de l'aimer, ne le fait tuer que pour mourir avec lui et le posséder éternellement dans le Valhalla; elle se tue elle-même et ordonne qu'on la place sur le bûcher qui doit consumer son amant. C'est cette même Gudruna, veuve de Sigurd, qu'Attila recherche en mariage et obtient, et dont la présence au milieu des Huns, par une fatalité que rien ne peut conjurer, attire sur son mari, sur ses frères et sur elle-même des catastrophes épouvantables.

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