Note (retour) — HISTOIRE D'ATTILA
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Les mulets étaient déjà chargés, et les Romains se mettaient en route à la nuit tombante, quand un contre-ordre les retint: «Attila n'exigeait pas, leur disait-on, que des étrangers s'exposassent pendant les ténèbres dans un pays inconnu181.» En même temps arrivèrent un bœuf que les Huns chassaient devant eux, et des poissons qu'ils apportaient de la part du roi; c'était le souper de l'ambassade. «Nous y fîmes honneur, dit Priscus, et dormîmes profondément jusqu'au lendemain182.» En effet, le bienheureux contre-ordre leur avait remis la joie au cœur. Dès que le jour parut, Priscus, en homme avisé, se munit d'un interprète autre que Vigilas (il se trouvait parmi les suivants volontaires de l'ambassade un certain Rusticius, qui parlait couramment le hun et le goth183), et il alla trouver Scotta, qui se fit fort de leur procurer une audience d'Attila moyennant quelques présents, car toutes ces tergiversations n'avaient pas d'autre but. Une heure à peine s'écoula, et Scotta, fier de prouver son crédit, revenait de toute la vitesse de son cheval annoncer à Priscus sa réussite; les Romains partirent avec lui. Les abords de la tente royale, lorsqu'ils s'y présentèrent, étaient obstrués par une multitude de gardes qui formaient à l'entour une haie circulaire184; les ambassadeurs parvinrent à la percer, grâce à la présence de Scotta, et trouvèrent, au milieu de la tente, Attila qui les attendait, assis sur un siége de bois185.