Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE
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Quelques semaines après l'entrevue dont je viens de parler, on apprit que cent mille Slovènes, traversant le delta du Danube, s'abattaient sur la Mésie et la Thrace, et il ne fut pas difficile de deviner la main qui les avait lancés, en songeant que Baïan était maître de la rive droite du fleuve dans la petite Scythie. Les envahisseurs semblaient avoir pour mot d'ordre de détruire plus encore que de piller, et des cris de détresse partirent de ces provinces, que l'armée de Théognis ne secourait point. Entre ces cris et ceux des Sirmiens, que la famine commençait à tourmenter, l'empereur hésitait à faire un choix douloureux; il le fit enfin, et sacrifia Sirmium. Baïan, qui n'avait cessé de déclarer qu'il voulait la ville nue, les murailles, et pas davantage, exigea dans la capitulation que les habitants, qui sortiraient, laisseraient leurs meubles, même leurs habits; il exigea en outre que l'empereur lui fît le rappel des trois dernières années de sa pension, ce qui faisait deux cent quarante mille pièces d'or, à raison de quatre-vingt mille par année948. Enfin, comme il fallait toujours une nullité dans toutes les conventions que consentait le kha-kan, il voulut imposer aux Romains l'obligation de trouver dans l'empire et de lui livrer un transfuge avar qui avait eu commerce avec une de ses femmes: il ne considérerait, disait-il, la paix comme définitive que lorsque cette condition aurait été remplie949. On s'épuisa à lui démontrer qu'elle était presque impossible dans un empire aussi vaste que celui des Romains, où un homme trouvait aisément moyen de se dérober aux recherches, que d'ailleurs il pouvait se faire que cet homme fût déjà mort. «Eh bien! s'écria Baïan, jurez-moi du moins de ne le point cacher, et de me le livrer, mort ou vif, dès qu'il vous tombera sous la main950.» Les Romains le jurèrent, et les Avars prirent possession de Sirmium.