Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE
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Nous voyons paraître encore parmi les Huns de sang royal un demi-Germain, nommé Gheism541, qu'Attila avait eu de la sœur d'Ardaric, roi des Gépides, à l'époque où les plus puissants monarques de la Germanie tenaient à honneur de peupler son lit d'épouses légitimes ou de concubines. Des circonstances que nous exposerons plus bas ayant ramené Gheism en Gépidie près de son oncle, dont il se fit vassal, il en est résulté quelque confusion sur son origine, et il passe près des écrivains byzantins tantôt pour Hun et tantôt pour Gépide542. Voilà ceux des fils d'Attila que l'histoire nous fait connaître personnellement. La tradition magyare en ajoute deux autres: Aladarius, né de la germaine Crimhild, fille d'un duc de Bavière, et Chaba, issu du mariage du roi des Huns avec la princesse Honoria, petite-fille du grand Théodose543. Ni l'un ni l'autre ne saurait être avoué par l'histoire. Ainsi qu'on le devine au premier coup d'œil, Aladarius, fils de Crimhild544, est un emprunt fait par les Hongrois du moyen âge aux épopées germaines sur Attila, et peut-être même ce nom d'Aladarius n'est-il qu'une altération de celui d'Ardaric, qu'on aurait confondu avec son neveu. Quant à Chaba, qui joue un rôle très-important dans les traditions magyares, il appartient, selon toute apparence, à une épopée nationale545, dont ces traditions semblent renfermer des fragments. L'imagination des Orientaux n'a point voulu que l'amour d'une fille d'empereur romain pour un roi des Huns restât sans dénoûment; elle les a mariés et leur a donné une postérité en dépit des verrous sous lesquels Honoria avait été confinée par sa mère, en dépit de l'indifférence d'Attila, qui ne la réclama jamais pour sa femme que lorsqu'il était sûr de ne pas l'obtenir, et de l'histoire enfin, qui nous atteste que les deux amants ne se virent jamais.