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Histoire d'Attila et de ses successeurs (1/2)

Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE

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La flotte des Huns s'avança d'abord en mer à grand renfort de rames, par une marche lente et saccadée: les vagues se jouaient de ces corbeilles légères qu'elles élevaient et abaissaient sans cesse, tandis que les rameurs luttaient péniblement contre les courants qui les entraînaient à la dérive. Elle approchait cependant et avait déjà dépassé le môle, quand les galères romaines, se démasquant, fondirent de toutes parts sur elle. Le premier choc fut si violent, qu'une partie des barbares tomba de prime saut à la mer; les autres se cramponnèrent aux roseaux pour ne pas culbuter854; nul d'entre eux ne resta assez ferme sur ses pieds pour tenir une arme, porter ou parer un coup. Semblables à des tours mouvantes, les trirèmes passaient et repassaient au milieu des radeaux, les faisant chavirer par leur choc ou les abîmant sous leur carène. Comme les barbares étaient hors de la portée de l'épée, les légionnaires se servaient de longues piques pour les atteindre; on les perçait, on les assommait, on les tirait avec des crocs comme des poissons pris dans une nasse. Pour terminer le combat, les Romains se mirent à couper les liens des roseaux au moyen de harpons tranchants et à détruire les assemblages des claies, de sorte que les Huns furent tous engloutis jusqu'au dernier855. Germain voulut compléter sa victoire navale par une sortie dans laquelle il força le camp barbare; mais, emporté par son ardeur, il s'exposa trop et reçut à la cuisse un coup de flèche qui le blessa mortellement856. L'armée romaine perdit en lui un de ses chefs les plus aimés, l'empire sa plus chère espérance: ce fut la consolation que les Coutrigours rapportèrent de leur défaite.

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