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Histoire d'Attila et de ses successeurs (1/2)

Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE

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Cependant les Huns ne se méprenaient plus sur le nombre de leurs ennemis, et quoique le nom de Bélisaire leur inspirât une secrète défiance, ils résolurent de tenter l'offensive. Deux mille cavaliers éprouvés furent choisis sur les sept mille, et Zabergan se mit à leur tête829. Son projet était de surprendre les Romains par une marche rapide à travers la forêt qui séparait les deux camps; mais Bélisaire, que ses éclaireurs servaient bien, et qui d'ailleurs comptait autant d'espions qu'il y avait de paysans dans la campagne, averti des mouvements qu'on apercevait chez les barbares, arrêta aussitôt ses dispositions. La forêt était traversée dans la direction de Chettou à Mélanthiade par une grande route à droite et à gauche de laquelle il n'existait que des sentiers étroits, sinueux, impraticables pour des chevaux. Bélisaire envoya sa cavalerie armée de cuirasses et de lances occuper les fourrés sur les deux lisières du chemin, avec ordre de s'y tenir cachée jusqu'à ce que l'ennemi se fût engagé dans la traverse830. Ceux des paysans qui n'avaient que des bâtons reçurent pour instructions de s'éparpiller dans la forêt, de frapper les arbres, de traîner à terre des branchages, dans la pensée de faire croire à une grande multitude et d'effrayer les chevaux831. Bélisaire lui-même se posta en travers de la route, suivi de ses vétérans et de son infanterie bourgeoise832. Toutes ces mesures furent exécutées avec une précision merveilleuse. Effectivement la masse des barbares parut, et, n'ayant point observé d'ennemis jusqu'alors, entra sans hésitation dans le défilé. Quand elle y fut bien engagée, les cavaliers romains se démasquèrent et chargèrent à la fois sur les deux flancs, en brandissant leurs armes et poussant ensemble de grands cris, auxquels répondirent les paysans, qui se mirent à frapper les arbres, à secouer et traîner des rameaux, comme il leur avait été ordonné833. Le vent soufflant au visage des barbares, ils recevaient dans les yeux des tourbillons de poussière qui les aveuglaient eux et leurs chevaux834. Ce fut le moment que prit Bélisaire pour avancer, et les Huns sentirent tout à coup en face d'eux une barrière de fer.

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