Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE
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Les expéditions des années suivantes, sans être aussi désastreuses pour les Romains, n'en profitèrent guère moins aux barbares, qu'une terreur inexprimable favorisait dans toutes leurs courses. Les coalisés n'agissaient pas toujours en commun, ils se divisaient parfois sur le terrain, soit pour piller, plus à l'aise une grande étendue de pays, soit pour trouver plus de facilité à vivre. Les Huns et les Bulgares, qui étaient cavaliers, s'arrangeaient de manière à traverser le Danube sans danger, soit à l'aller, soit au retour; mais les Slaves, qui étaient fantassins, ne le pouvaient pas toujours, les garnisons romaines les pourchassant, et les flottes de navires à deux poupes interceptant le fleuve quand ses eaux étaient libres. Ils s'adressèrent alors aux Gépides pour obtenir passage sur la partie du fleuve qui bordait leurs terres et dont ils avaient la disposition. Les Gépides portaient le nom d'alliés de l'empire et se prétendaient ses fidèles amis; ils ne manquaient pas de toucher chaque année une gratification de la cour de Constantinople654 promettant toujours, contre les entreprises des Goths, une assistance qu'ils ne donnaient jamais. Ce titre d'alliés ne les empêcha pas d'accueillir la proposition des Slaves. Ils s'engagèrent par traité à laisser passer ces brigands, à leur fournir des barques moyennant une pièce d'or par tête655. C'était piller l'empire par leurs mains656, mais les Gépides n'avaient pas de si minces scrupules. Quand le gouvernement byzantin, soupçonnant leurs manœuvres, leur demandait des explications, ils niaient audacieusement les faits, ou bien ils accumulaient prétexte sur prétexte pour les colorer. L'empereur hésitait à leur parler le langage des armes; avec trois ennemis terribles sur les bras, il craignait d'en provoquer un quatrième.