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Histoire d'Attila et de ses successeurs (1/2)

Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE

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Que signifie ce nom de Slave,--Slove dans l'ancien idiome russe, Sclave et Sthlave dans les écrivains latins ou grecs619? La vanité nationale le tire du mot slava, qui veut dire gloire; mais ce mot lui-même dérive de slova, parole, comme en latin fama, la renommée, dérive de fari, parler620. La gloire, c'est la parole du genre humain sur un héros ou sur un peuple. L'interprétation la plus sensée du nom de Slave ou Slove est donc celui qui a la parole, qui parle l'idiome particulier de la race, et, par une corrélation de termes qui justifie cette interprétation, l'étranger est celui qui ne parle pas, niemetz, littéralement le muet. La langue est le moyen de reconnaissance du Slave; c'est par elle que le sentiment de la fraternité se maintient entre toutes les fractions de la race, quelles que soient les diversités de vie sociale ou de condition politique. Telle cette race se montre à nous aujourd'hui depuis la Dalmatie jusqu'aux régions polaires, telle aussi nous l'entrevoyons des l'aurore de sa résurrection à la liberté621. Elle se divisait alors en trois grandes branches, partagées à leur tour en confédérations et tribus. A l'est et sur les fleuves qui descendent dans la Mer-Noire était le rameau des Antes622 dont j'ai parlé tout à l'heure, et qui avait pour voisins les peuples finnois et asiatiques. A l'ouest se trouvait la branche des Venètes ou Vendes623, qui, appuyés sur la Baltique, confinaient au nord avec les Finnois d'Europe, au midi avec les Germains: ce rameau slave avait été connu de bonne heure par les navigateurs grecs et les voyageurs romains. Entre les deux se trouvait une troisième branche portant un nom dérivé de celui de la race elle-même, les Slovènes ou Sclavènes624, qui paraissent n'avoir été qu'un ramas de tribus slaves sans organisation particulière. Chacune de ces divisions principales avait son mode d'action sur le midi de l'Europe et sa future destinée. Tandis que les Antes, cherchant à dépasser les Carpathes du côté de l'orient, s'unissaient aux populations hunniques pour attaquer l'empire romain par le Bas-Danube, les Vendes, à l'occident des Carpathes, pesaient sur les peuples germains de la Thuringe et de la Bohême. Les Slovènes intermédiaires, se trouvant acculés au pied de cette chaîne, que les Gépides gardaient bien, se jetèrent à droite ou à gauche, se joignant tantôt aux Vendes, tantôt aux Antes, et c'est ainsi que nous les trouverons mêlés à toutes les grandes entreprises de leur race sur le Haut comme sur le Bas-Danube.

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