Note (retour) — ACTE TROISIÈME
François Guizot translation
LE ROI.--Par l'univers, tel tu es en ce jour, tel était Richard lorsque, revenant de France, je débarquai à Ravensburg, et tel que j'étais alors, tel est aujourd'hui Percy. Et par mon sceptre, par le salut de mon âme, Percy a dans le pays un pouvoir plus respectable que toi, l'ombre du successeur au trône. Car, sans droit à la couronne, sans la moindre apparence de droit, il remplit nos campagnes de guerriers armés. Il affronte la gueule menaçante du lion, et quoiqu'il ne doive pas plus aux années que toi, il conduit aux combats sanglants et aux coups meurtriers de vieux lords et de vénérables prélats. Quel honneur immortel ne s'est-il pas acquis contre le fameux Douglas dont les hauts faits, les rapides incursions, et la grande renommée dans les armes, enlèvent à tous les guerriers la première place, et le titre suprême de premier capitaine du siècle dans tous les royaumes qui reconnaissent le Christ? Eh bien! trois fois cet Hotspur, ce Mars au maillot, ce héros encore enfant, a battu le grand Douglas et fait échouer ses entreprises; il l'a fait une fois prisonnier, lui a rendu la liberté et s'en est fait un ami pour emboucher aujourd'hui la trompe retentissante du défi et ébranler la paix et la sûreté de notre trône. Que dis-tu de cela? Percy, Northumberland, monseigneur l'archevêque d'York, Douglas, Mortimer, s'unissent contre nous, et déjà sont en armes.... Mais pourquoi t'informé-je de ces nouvelles? pourquoi, Henri, te parlé-je de mes ennemis à toi qui es mon plus proche comme mon plus cher 49 ennemi?--Il n'est pas impossible que, subjugué par la crainte, entraîné par la bassesse de tes inclinations, ou par une suite de mécontentements, tu ne combattes bientôt contre moi à la solde de Percy, rampant à ses pieds, le saluant lorsqu'il fronce le sourcil, et pour montrer à quel point tu es dégénéré.