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Henri IV (1re partie)

Note (retour) — ACTE CINQUIÈME

François Guizot translation

WORCESTER.--S'il les connaît, nous sommes tous perdus. Il n'est pas possible, non, il ne se peut pas que le roi tienne sa parole de nous aimer. Nous lui serons toujours suspects; et il trouvera dans d'autres fautes l'occasion de nous punir de cette révolte. Le soupçon tiendra cent yeux ouverts sur nous; car on se fie à la trahison comme au renard qui a beau être apprivoisé, caressé, bien enfermé, et qui conserve toujours les penchants sauvages de sa race. Quel que soit notre maintien, triste ou joyeux, on prendra note de nos regards pour les interpréter à mal; et nous vivrons comme le boeuf dans l'étable, d'autant plus près de notre mort que nous serons mieux traités. Pour mon neveu, on pourra peut-être oublier sa faute. Il a pour lui l'excuse de la jeunesse, de l'ardeur du sang, et le privilége du nom qu'il a adopté; cet éperon brûlant 55 conduit par une cervelle de lièvre et une humeur capricieuse. Toutes ses fautes reposent sur ma tête, et sur celle de son père. Nous l'avons élevé: s'il a de mauvaises qualités, c'est de nous qu'il les a prises; et comme étant la source de tout, nous payerons pour tous. Ainsi, cher cousin, que Henri ne sache pas, à quelque prix que ce soit, les offres du roi.

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