Note 30 — CHAPITRE II
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Barth pensait que Kaya-Maghan était le fondateur de Ghana et le premier des princes de race blanche et il croyait que ces derniers étaient des Peuls — identifiés par lui avec les Leucæthiopes des anciens — parlant déjà le peul. J’ai dit précédemment que je ne pouvais partager son opinion relativement à l’identification des Peuls avec les Leucæthiopes et que la population fondatrice de l’empire de Ghana ne devait adopter la langue peule que longtemps après, lors de son exode dans le Fouta. Barth, qui écrit Wagadja-Mangha le nom de Kaya-Maghan dit que le nom de ce prince appartenait à la langue peule, dans laquelle « grand » se dirait mangha ou mangho ; or il existe bien en peul une racine ma’ ou mieux maw exprimant l’idée de « grandeur » ou d’« aînesse », et des mots ma’nga ou mieux mawnga, ma’ngo ou mieux mawngo, qui peuvent signifier « grand » ; mais, accolé à un nom d’homme, « grand » se dit mawo ou mawdo et ne peut jamais se dire manga ou mango ni mawnga ou mawngo. En réalité Maghan est un nom excessivement fréquent chez les divers peuples mandé et nous avons vu qu’il était porté en particulier par tous les rois soninké du Ouagadou ; il se présente, selon les dialectes ou les pays, sous les formes Maghan, Marhan, Makhan, Makan ou, plus rarement, Magha, Marha, Makha, Maka. Ce devait être le prénom de l’ancêtre des Sissé, plus connu sous le surnom légendaire de Digna : ses fils furent appelés Maghan-Diabé, Maghan-Kaya, etc., c’est-à-dire en soninké « Diabé fils de Maghan, Kaya fils de Maghan, etc. », expressions qui, dans la bouche des Peuls, sont devenues Diabé-Maghan, Kaya-Maghan, etc., avec la même signification.