Note 152 — DEUXIÈME PARTIE Les peuples (continued 2)
Reading edition
L’orthographe varie selon les manuscrits. Bekri dit que cette peuplade a le teint blanc et une belle figure, qu’elle professait de son temps (XIe siècle) la même religion que les Noirs de Ghana — lesquels n’étaient pas musulmans —, mais ne contractait jamais de mariage avec eux. Il suppose qu’elle a pour ancêtres les soldats « que les Oméïades envoyèrent contre Ghana dans les premiers temps de l’islam », faisant évidemment allusion aux expéditions de Okba-ben-Nafi dans le Maghreb de 570 à 681 ; mais, quoi qu’on en ait dit, les armées de Okba ne dépassèrent jamais l’extrême limite septentrionale du Sahara et il n’est guère admissible qu’une fraction de cette armée ait pu donner naissance à la tribu dont a parlé Bekri. Peut-être ce dernier, ayant entendu conter la légende relative à Okba-ben-Yâsser que j’ai rapportée plus haut, a-t-il fait une confusion entre les deux généraux : cette hypothèse du reste me paraît peu probable, car je crois la légende de Okba-ben-Yâsser bien postérieure à Bekri, étant donné qu’elle n’a pu prendre naissance chez les Peuls qu’après leur islamisation, qui est récente, comme nous le verrons plus loin.