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Haut-Sénégal-Niger (Soudan français), Tome 1 (de 3)

Note 142 — DEUXIÈME PARTIE Les peuples (continued 2)

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Cf. les légendes sur l’origine des Peuls recueillies au Fouta-Diallon par M. Guebhard (Revue des études ethnographiques et sociologiques, avril-juin 1909), dans l’Adamaoua par C. Vicars Boyle (Journal of the African Society, octobre 1910), au Caire, auprès d’un cheikh du Baguirmi, par le comte d’Escayrac de Lauture (Mémoire sur le Soudan, Paris, 1855-56, pages 60 à 62) et à Sokoto par Clapperton (Journal of a second expedition, etc., 1829, pages 399 et suivantes). Le premier de ces travaux renferme deux documents en langue arabe dont le texte, pourtant fort clair, a été complètement déformé par l’interprétation incomplète et souvent erronée qui fut fournie à M. Guebhard : les noms propres en particulier ont été fort mal lus par le traducteur, qui a confondu le Tôr ou Sinaï avec le Fouta Toro, a pris des mots arabes pour des noms de pays soudanais et a commis de nombreuses omissions. Dans la légende recueillie par C. Vicars Boyle, le nom de Okba est devenu Oukouba ; dans le récit de l’informateur du comte de Lauture, il s’est transformé en Yakoub — ce qui pourrait expliquer comment l’ancêtre hébreu Jacob a pu devenir, dans les légendes islamisées, l’ancêtre arabe Okba-ben-Yâsser — et Tadiouma, fille du roi de Tôr, est devenue une femelle de caméléon (dioundougal). Dans une des légendes écrites remises à Clapperton, Okba est appelé Okba-ben-Amir, la fille du roi de Tôr est nommée Gadiouma et les quatre enfants qu’elle eut de Okba portent les noms de Dita, Ouaya, Nasser et Rarabi : la concordance est tout au moins remarquable entre ces traditions recueillies, l’une à Sokoto et l’autre au Fouta-Diallon, à près d’un siècle d’intervalle. Dans une autre légende recueillie par l’administrateur Logeay auprès des Peuls du cercle de Goumbou. Okba est appelé Ougoubata et le Tôr ou Sinaï a été confondu avec le Fouta Toro, comme dans la traduction donnée par M. Guebhard. Dans d’autres légendes enfin, Okba est donné comme le neveu de Amrou et porte le nom de Okba-ben-Amir, qui est en effet le nom de l’un des lieutenants de Amrou, mais on le confond avec Okba-ben-Nafi et on le fait aller, sur l’ordre du khalife Moaouiya, non seulement en Egypte et au Sous, mais jusqu’au Tekrour et à Ghana.

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