Note (retour) — ACTE QUATRIÈME
François Guizot translation · Edition 5
LE ROI.—Ce n'est pas que je pense que vous n'ayez pas aimé votre père. Mais ce que je sais, c'est que le temps fait naître l'amour; et ce que je vois, dans les épreuves où l'amour passe, c'est que le temps en modifie l'éclat et l'ardeur. Il y a, au centre même de la flamme de l'amour, une sorte de mèche ou de lumignon qui finit par l'étouffer. Rien ne reste fixe en la même excellence, car l'excellence arrive à la surabondance et meurt de son propre excès. Ce que nous voulons faire, nous devrions le faire quand nous le voulons; car ce «nous le voulons» vient à changer et souffre autant de défaillances et de délais qu'il y a autour de nous de langues, et de mains, et d'accidents; et ce n'est plus alors qu'un «nous devrions», semblable au soupir d'un mauvais sujet, et pernicieux parce qu'il soulage.44 Mais droit dans le vif de la plaie! Hamlet revient; que sauriez-vous entreprendre pour montrer, en fait plutôt que par des paroles, que vous êtes fils de votre père?