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Hamlet

Note 53 — ACTE CINQUIÈME

François Guizot translation · Edition 5

Note 53:

(retour)

Les galants, au temps de Shakspeare, avaient pour mode de prouver leur passion à leurs maîtresses par les plus extravagantes épreuves; une des moins folles, mais non la moins sotte, consistait à avaler quelque breuvage déplaisant. Il est donc inutile de supposer, comme quelques commentateurs, que Hamlet propose à Laërtes de boire une rivière telle que l'Yssel ou la Vistule. Le texte porte:

Woo't drink up esile?

et dans ce dernier mot on reconnaît aisément eisell, qui désignait alors tantôt le vinaigre, tantôt l'absinthe, et jouait souvent un rôle en ces défis de courage amoureux.—On le trouve ainsi mentionné dans les oeuvres de sir Th. Moor (1557): «Si tu affliges ton goût par un breuvage amer, souviens-toi que, pour toi, Jésus-Christ a goûté le vinaigre et le fiel;» et dans son IIIe sonnet Shakspeare a dit lui-même: «Malade docile, je boirai des potions d'absinthe pour combattre le poison violent qui m'envahit.»

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