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Hamlet

Note 46 — ACTE CINQUIÈME

François Guizot translation · Edition 5

Note 46: (retour) Shakspeare ici tourne en ridicule les subtilités de la logique judiciaire de son temps. On trouve dans les Commentaires de Plowden un procès qui semble lui avoir servi de thème. Sir James Haie s'étant suicidé en se noyant dans une rivière, il s'agissait de décider si un bail dont il jouissait devait continuer à courir au profit de sa veuve, ou bien, à cause du suicide, passer au profit de la Couronne; et le sergent Walsh raisonnait ainsi—«L'action consiste en trois parties: la première partie est la conception, qui est l'acte de l'esprit se repliant et méditant pour savoir s'il convient ou s'il ne convient pas de se noyer et quelles sont les façons de le faire; la seconde partie est la résolution qui est l'acte de l'esprit se déterminant à se détruire et à le faire, spécialement de telle ou telle façon; la troisième partie est l'accomplissement, qui est l'exécution de ce que l'esprit s'est déterminé à faire. Et cet accomplissement consiste, encore en deux parties, qui sont le commencement et la fin: le commencement est la perpétration de l'acte qui cause la mort, et la fin est la mort, qui est seulement une conséquence de l'acte, etc., etc.» Voyez encore si les juges Weston, Anthony Brown et lord Dyer ne se montrèrent pas eux-mêmes, dans leurs considérants, aussi puérilement pointilleux que le sergent Walsh ou le paysan de Shakspeare: «Sir James Haie est mort,» dirent-ils, «et comment en vint-il à mourir? par noyade, peut-on répondre. Et qui est-ce qui l'a noyé? Sir James Haie. Et quand l'a-t-il noyé? De son vivant. De sorte que sir James Haie étant en vie a causé le décès de sir James Haie, et l'acte du vivant fut la mort du défunt. La raison veut, par conséquent, que l'on punisse de cette offense le vivant qui l'a commise, et non le mort, etc., etc.» En vérité, Shakspeare n'a pas exagéré.

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