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F. Chopin

Note 6 — II.

Reading edition

Au trésor des princes Radziwiłł, dans l'ordinal de Nieswirz, on voyait aux temps de sa splendeur douze harnachements incrustes de pierres fines, chacun d'une autre couleur. On y voyait aussi les douze apôtres, de grandeur naturelle, en argent massif. Ce luxe n'étonne point lorsqu'on songe que cette famille, descendante du dernier grand pontife de la Lithuanie, (auquel furent donnés en propriété, quand il embrassa le christianisme, tous les bois et toutes les terres qui avaient été consacrées au culte des dieux païens), possédait encore 800,000 serfs vers la fin du dernier siècle, quoique ses richesses fussent déjà considérablement diminuées. Une pièce non moins curieuse du trésor dont nous parlons et qui subsiste encore, est un tableau représentant Saint Jean-Baptiste entouré d'une banderole avec cet exergue latine: Au nom du Seigneur, Jean, tu seras vainqueur. Il a été trouvé par Jean Sobieski lui-même, après la victoire qu'il remporta sous les murs de Vienne, dans la tente du grand visir Kara-Mustapha et fut donné après sa mort par sa veuve, Marie d'Arquien, à un prince Radziwiłł, avec une inscription de sa main qui indique son origine et le don qu'elle en fait. L'autographe, muni du sceau royal, se trouve sur le revers même de la toile. En 1843, celle-ci se trouvait encore à Werki, près Wilna, entre les mains du Prince Louis Wittgenstein qui avait épousé la fille du Prince Dominique Radziwiłł, seule héritière de ses immenses biens.

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