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Examen de conscience philosophique

Note 6 — II

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Il est surprenant que la science et la philosophie, adoptant le parti pris frivole des gens du monde de traiter la cause mystérieuse par excellence comme une simple matière à plaisanterie, n’aient pas fait de l’amour l’objet capital de leurs observations et de leurs spéculations. C’est le fait le plus extraordinaire et le plus suggestif de l’univers. Par une pruderie qui n’a pas de sens dans l’ordre de la réflexion philosophique, on n’en parle pas, ou l’on s’en tient à quelques niaises platitudes. On ne veut pas voir qu’on est là devant le nœud des choses, devant le plus profond secret du monde. La crainte des sots ne doit pourtant pas empêcher de traiter gravement de ce qui est grave. Les physiologistes ne veulent voir que ce qui tient au jeu des organes. Je parlai un jour à Claude Bernard de ce que le fait universel de l’attrait sexuel a de profond. Il me répondit, après un moment de réflexion : « Non ; ce sont là des fonctions claires, des conséquences de la nutrition. » Très bien ; mais qu’alors on fonde une science qui s’occupera des conséquences obscures des fonctions claires. Pourquoi, par exemple, la fleur a-t-elle le parfum ?

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