Note (retour) — DIX-HUITIÈME SIÈCLE (continued 8)
Reading edition
Il voulait la liberté de la pensée, et cela avec une rare largeur d'idées et même de sentiment, avec une sorte de générosité et de sérénité, qui est très près d'être de la charité: «Trois chemins doivent nous conduire à la plus inaltérable indulgence: la conscience de nos propres faiblesses; la prudence qui craint d'être injuste, et l'envie de bien faire, qui, ne pouvant refondre ni les hommes ni les choses, doit chercher à tirer parti de tout ce qui est, comme il est. Je me crois obligé de porter désormais cette extrême tolérance sur toutes les opinions philosophiques et religieuses. Il faut réprimer les mauvaises actions, mais souffrir les mauvaises pensées, et surtout les mauvais raisonnements. Le dévot et l'athée, l'économiste et le réglementaire aussi entrent dans la composition et la direction du monde, et doivent servir aux têtes douées de la bonne ambition d'aider au bien-être du genre humain... En vérité, dans un certain sens tout m'est bon: les événements, les hommes, les choses, les opinions, tout a une anse, une prise. Je deviens trop vieux pour user le reste de ma force à des guerres; je veux la mettre à aider ceux qui aident: quant à ceux qui n'y songent que faiblement, je veux m'en servir aussi, en leur persuadant qu'ils sont très utiles101.»