Note (retour) — DIX-HUITIÈME SIÈCLE (continued 7)
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Pareille affaire est fréquente chez Buffon. Les idées foisonnent chez lui, et il a l'intelligence la moins exclusive et la plus hospitalière qui se puisse. C'est essentiellement un génie inventeur, de ces génies qui donnent une impulsion puissante, éveilleurs d'idées et créateurs de disciples. Il a été inventeur et promoteur au moins sur trois points. En géologie—et qu'on n'oublie point que cet illustre peintre d'animaux est surtout un géologue, et que là est son vrai titre de gloire—en géologie, et je m'appuie ici sur Cuvier, il a été le premier à comprendre et à faire entendre que l'état actuel du globe est le résultat d'une longue succession de changements dont il est possible de saisir les traces96; en d'autres termes, il a le premier écrit l'histoire de la planète.—En zoologie, il est le créateur d'une véritable science nouvelle qu'on peut appeler la géographie des espèces, et ses idées sur les limites que les climats, les montagnes et les mers assignent à chaque espèce, sont absolument une nouveauté, et une nouveauté vraie autant que féconde, qu'il a introduite.—Enfin en physiologie, son explication de l'intellect des animaux, peut-être trop cartésienne encore, mais très rajeunie, très renouvelée, beaucoup plus ingénieuse au moins que celle de Descartes, qu'on peut définir à peu près un système mécanique de mouvements réflexes, me paraît une vue un peu indécise et incertaine encore, mais vraiment toute nouvelle, beaucoup plus rapprochée de nous que des Cartésiens, et dont les théories les plus modernes ne sont guère qu'une application, ou, si l'on veut, qu'un agrandissement.