Note (retour) — Front matter (continued 2)
Reading edition
La condition et les moeurs des poëtes qui travaillaient pour le théâtre ne nous donnent pas, sous ces deux rapports, une idée plus honorable des acteurs qui les fréquentaient; et, pour supposer que Shakspeare jeune, gai, facile, ait échappé à l'influence de ce double caractère de poëte et de comédien, il faut cette foi robuste que les commentateurs ont vouée à leur patron. Shakspeare lui-même nous laisse peu de doute sur des torts qu'il a du moins le mérite de regretter. Il demande, dans un sonnet, que sa fortune «coupable déesse, dit-il de mes mauvaises actions,» porte seule le reproche des «moyens publics» auxquels l'a réduit la nécessité de subsister: «De là vient, ajoute-t-il, que mon nom est diffamé et ma nature presque abaissée jusqu'à l'élément dans lequel elle agit, ainsi qu'il arrive à la main du teinturier. Ayez donc pitié de moi, et souhaitez que je puisse être renouvelé, tandis que, soumis et patient, je boirai des potions de vinaigre contre la puissante contagion où je vis25.» Dans le sonnet suivant, s'adressant à la même personne, toujours sur le ton d'une affection confiante à la fois et respectueuse: «Votre tendresse et votre pitié, dit-il, effacent pour moi «l'empreinte que grave sur mon front le reproche vulgaire.