Note 2 — I LES IDÉES ET MŒURS JURIDIQUES
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Pour Martin, pour lequel il y a erreur judiciaire certaine, il n’y a de son histoire rien à tirer pour ou contre le jury : un voyageur avait été assassiné ; des empreintes de pas où les souliers de Martin s’ajoutaient menaient du lieu du crime à la maison de Martin ; l’assassin, vu par quelqu’un, ressemblait, quant à ses habits à Martin ; un témoin du crime arrivé devant Martin dit : « Je ne le reconnais pas », et Martin s’écrie : « Dieu soit loué, en voilà un qui ne me reconnaît pas. » Dans ces paroles amphibologiques le juge voit un aveu ; il condamne Martin. La Tournelle (chambre du Parlement de Paris) confirme. Martin est roué. Le véritable assassin, arrêté pour autre chose, se déclara auteur du meurtre mis au compte de Martin. Ici rien à dire en aucun sens. Voltaire est sûr qu’un jury n’aurait pas condamné Martin ; il n’en sait rien, ni moi non plus.