Note 37 — PRÉFACE
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Il y a une création contemporaine de la Révolution qui a généralement échappé à toute critique, c’est, dans le Calendrier républicain, les noms des mois de l’année. Et en effet la beauté de ces douze mots est vraiment originale ; on ne peut rien reprendre dans leur sonorité et presque rien dans leur forme. Ce presque rien concerne nivôse, vendémiaire, messidor et thermidor, mots qui n’ont aucun sens en français, tandis que brumaire, par exemple, ou prairial, ou ventôse sont de tout point parfaits. Ah ! que l’auteur de cette merveille n’a-t-il été chargé de la nomenclature du système métrique ! Peut-être, aussi bien, n’avait-il que cela à dire dans sa vie, car si c’est le même Fabre d’Églantine qui imagina les primidi, duodi, tridi, il faut avouer que là il ne fut pas très heureux. D’ailleurs, malgré leur grâce ou leur langueur, ni prairial, ni brumaire n’auraient pu, de longtemps, évoquer tout ce qu’il y a pour nous dans le triste octobre ou dans le clair mai :
Tunc etiam mensis madius florebat in herbis. (XIIe siècle.)