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Esthétique de la langue française

Note 115 — LA DÉFORMATION

Reading edition

Le dernier chapitre du livre de M. Deschanel est une petite excursion étymologique qui ne semble pas toujours très heureuse. On ne peut vraiment lui concéder que exaucer vienne de exaudire ; bal, pompe et marmot du grec βαλλω, πομπη, μορμω. Le grec classique n’a rien donné directement et n’a rien pu donner au vieux français. Contre-danse n’est pas la corruption l’anglais country-dance, — au contraire. Gosse n’est aucunement l’apocope du mot problématique bégosse. Gosse est l’abrégé de gosselin et cela est tellement évident que son féminin, demeuré intact, est gosseline. « Le mot budget est notre ancien mot pouchette, bougette » ; nullement ; pouchette et bougette sont deux mots très différents : l’un est venu en français de l’anglo-saxon pocca, poche, pouche, pochette, pouchette ; l’autre est le latin bulga qui a fourni bouge, bougette, et ce dernier mot, au sens de sac, bourse, magasin, trésor, est entré légitimement en anglais avec le dialecte normand. Le verbe bouger est d’une autre famille : il est né du latin bullicare, pendant que bullire donnait bouillir. Tout cela est bien élémentaire, mais l’histoire des mots a son importance et contient sa philosophie, quand elle est exacte.

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