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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 4 — PRÉFACE.

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L'Auteur, profondément affligé par les sentiments hostiles que l'Assemblée nationale de Francfort a manifestés contre la Pologne dans l'affaire de Posen, ne se réjouit cependant nullement de voir ses prédictions sur le sort qui attendait les travaux de la diète allemande, si complètement réalisés[4]. L'existence d'une Allemagne forte et unie, est une nécessité européenne utile aux intérêts de la civilisation générale, y compris celle des Slaves occidentaux. Mais les intérêts de l'Allemagne exigent que l'on soit juste envers ces Slaves, dont les sentiments de dignité nationale ont été éveillés, qui ont acquis la conscience de leur importance et de leur force, et qui, par conséquent, ne sauraient abdiquer la position que leur assurent et la nature et la justice. Les Slaves occidentaux formeraient une puissante barrière entre l'Allemagne et la Russie, si l'Allemagne ne changeait imprudemment cette barrière en avant-garde de la puissance russe. Il n'existe pas de Slave éclairé qui ne sache que le progrès moral et matériel de sa nationalité aurait bien plus à gagner à une alliance intime avec l'Occident civilisé qu'avec l'Orient encore barbare de l'Europe, et qu'un progrès dans la première de ces voies est de beaucoup préférable à toute satisfaction de vanité nationale suggérée par l'idée d'une prédominance politique dans le monde. Mais les Slaves n'achèteront pas les avantages d'une civilisation plus avancée au prix d'un vasselage envers une race étrangère, qui tend bien moins à développer qu'à détruire leur nationalité. À défaut d'autre alternative, ils préféreront confondre les destinées de leurs branches particulières avec celles de la race commune, sans s'arrêter à la forme qui doit les représenter, et chercher une compensation à ce sacrifice dans les brillantes espérances du Panslavisme politique. L'Auteur, qui avait déjà antérieurement indiqué la possibilité d'une combinaison semblable (Panslavisme et Germanisme, page 331), ne présumait pas alors que l'Autriche, dont les intérêts les plus vitaux commandaient l'opposition la plus vigoureuse à un pareil plan, fût obligée de se jeter dans les bras de la grande puissance Slave, qui peut seule mettre ce plan à exécution. Il s'attendait moins encore à ce que l'Autriche hâtât en quelque sorte cet évènement par la politique sans nom qu'elle a suivie à l'égard de la Hongrie, cette nation sur laquelle elle devait compter le plus pour opposer une vive résistance à la Russie, dont l'influence avait fait de si grands pas en Gallicie, depuis le temps des atrocités perpétrées à Tarnow.

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