Note 2 — PRÉFACE.
Reading edition
Dans un ouvrage intitulé: «Panslavisme et Germanisme,» l'auteur avait déjà cherché à appeler l'attention du public sur l'importance du mouvement slave, sur les dangers auxquels s'exposait la Hongrie par suite de la lutte malheureuse des Madgyars contre la nationalité slave[2]. Cette lutte eut pour résultat d'absorber l'existence de la Hongrie dans la monarchie à laquelle elle ne se rattachait que par des liens constitutionnels. Ce sont les sentiments de nationalité des Slaves du Sud, froissés par les tendances du madgyarisme[3], qui ont fait de ces populations les instruments dociles de la politique de l'Autriche. L'enthousiasme pour la dynastie de Hapsbourg ne compte évidemment pour rien dans ce résultat. Mais si la fibre nationale a été assez puissante pour pousser les Slaves à des actes d'hostilité contre les Madgyars, avec lesquels ils ont été unis pendant des siècles par des liens politiques, confondant leurs vœux d'indépendance avec le patriotisme hongrois, ce même sentiment les empêchera de se conformer bénévolement aux exigences du pouvoir central, auquel la politique de l'Autriche veut décidément imprimer un caractère allemand.