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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 150 — CHAPITRE XI. POLOGNE. (Suite.)

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Jean Potoçki naquit d'une famille déjà riche et considérable, et fut élevé dans la religion protestante. Il se distingua par ses services militaires sous Étienne Batory et sous le règne de Sigismond III; et ce fut entièrement aux exploits et à l'habileté de ce guerrier, que ce dernier roi dut la déroute des mécontents à la bataille de Gouzow, en 1608. Il s'était joint aux troupes royales à la tête d'une force importante, levée à ses frais avec le concours des siens; en récompense de ses services, le roi lui conféra, avec de vastes domaines, la dignité de palatin de Braçlaw. Les plus hautes dignités de la couronne attendaient Potoçki, s'il eût consenti à trahir sa religion pour la faveur royale; mais il était digne de ce héros de ne devoir sa fortune qu'à l'éclat de ses services. Il commandait l'armée polonaise au siége de Smolensk, où il mourut en 1611, à l'âge de cinquante-six ans. La ville fut prise peu de temps après sa mort par son frère Jacques, qui lui avait succédé dans le commandement de l'armée, mais dont l'abjuration avait affligé l'Église au sein de laquelle ses frères et lui avaient été nourris depuis le berceau. Jean Potoçki ne laissa pas d'enfants, et ses biens passèrent à son neveu Stanislas, qui devint plus tard un guerrier renommé. Converti à la foi catholique, ce dernier ferma l'Académie protestante fondée par son oncle, et transforma ses bâtiments en écurie, ainsi que le rapporte avec joie un écrivain des Jésuites du nom de Niesieçki. Il y eut d'autres branches de la même famille qui restèrent fidèles au Protestantisme; car ce même auteur, qui écrivait il y a cent ans environ, dit que l'hérésie, dont cette illustre famille avait été infectée, ne s'éteignit que de son temps[150].

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