Note 110 — CHAPITRE VII. POLOGNE. (Suite.)
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Laski était le chef naturel du parti de la Réforme en Pologne: l'admiration et les espérances des Protestants l'appelaient à cette haute position, aussi bien que la haine et les calomnies des Papistes. Il arriva en Pologne à la fin de 1556. Aussitôt les évêques, à l'instigation du nonce Lippomani, se réunirent pour délibérer sur la ligne de conduite qu'ils devaient adopter à l'égard de celui qu'ils appelaient «le bourreau de l'Église.» Ils représentèrent au roi les périls dont il était menacé par le retour d'un homme qui n'avait d'autre but que de semer le trouble; ils dirent que Laski rassemblait des troupes pour détruire les églises du diocèse de Cracovie et soulever le pays contre le roi. Mais ces observations ne produisirent aucun effet. Laski fut nommé surintendant de toutes les Églises réformées de la Petite-Pologne. Sa science, sa moralité, ses relations avec les familles les plus distinguées, contribuèrent puissamment à la propagation des doctrines de l'Église suisse parmi les classes supérieures de la société. Il avait constamment en vue la fusion de toutes les sectes protestantes, et la fondation d'une Église nationale réformée, à l'exemple de celle d'Angleterre, qui lui inspirait une vive admiration et à laquelle il s'intéressa jusqu'à la fin de sa vie[110]. Pour surcroît de difficultés, il dut lutter très vivement contre l'apparition des doctrines anti-trinitaires. Il prit une part active aux discussions des synodes et à la première traduction polonaise de la Bible. Il publia également un grand nombre d'écrits, dont la plupart sont aujourd'hui perdus. Il mourut en 1560, et ne put mener à fin ses vastes projets. Nous ne possédons malheureusement que très peu de renseignements sur les travaux qu'il accomplit en Pologne à la fin de sa carrière, les prêtres catholiques, et surtout les Jésuites, ayant eu grand soin de détruire tout ce qui se rattachait à l'histoire du Protestantisme. Il faut ajouter que les descendants de Laski se convertirent au Papisme, et que, dès lors, ils ont sans doute essayé de supprimer les écrits de leur aïeul, qu'ils considéraient comme hérétique[111].