Note 34 — CHAPITRE PREMIER. LES SLAVES.
Reading edition
Ils étaient très adroits à surprendre leurs ennemis dans des rencontres particulières, et Procope en cite un exemple curieux: Bélisaire assiégeait la place de Terracine, en Italie, et désirait vivement s'emparer de quelque assiégé. Dans son armée se trouvaient beaucoup de Slaves, qui, chez eux, sur le Danube, s'exerçaient à faire des prisonniers en se cachant sous les pierres et parmi les broussailles: Bélisaire offrit une riche récompense à celui qui lui ramènerait tout vif un Goth assiégé. À un certain endroit, près des remparts, les Goths venaient d'ordinaire couper de l'herbe. Un jour, dès le matin, un Slave s'y traîna en rampant parmi les hautes herbes et s'y blottit. Un Goth sort de la ville, et s'avance sans soupçonner le danger dont il s'approche, et tout occupé à surveiller les mouvements du camp ennemi. Tout-à-coup le Slave s'élance de sa cachette, saisit le Goth par derrière et comprime ses mouvements avec tant de vigueur, que celui-ci ne put faire de résistance et se laissa emporter jusqu'au camp[34].