Note 49 — CHAPITRE II. BOHÊME.
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La haine théologique des ennemis de Jean Huss ne fut pas déconcertée pour si peu dans la seconde moitié du même jour; à la réunion des cardinaux, ils firent de tels efforts pour exciter la colère du sacré-collége, qu'ils lui arrachèrent la promesse de ne mettre jamais Jean Huss en liberté. Aussitôt après cette réunion, le concile somma Chlumski de lui abandonner Jean Huss. Celui-ci, irrité de la violation du sauf-conduit impérial, s'adressa au pape et le requit avec menaces de rendre aussitôt la liberté à son prisonnier. Le pape s'engagea de nouveau à ne faire aucun mal à Jean Huss, mais déclara qu'il avait la main forcée par ses cardinaux, qu'excitait sans cesse la haine violente du clergé bohémien. Cette déclaration peut avoir quelque fondement de vérité, si l'on se rappelle que le même pape fut, bientôt après, déposé et jeté en prison par le concile[49]. Chlumski protesta contre la conduite du concile, et fit afficher sa protestation aux portes de toutes les églises. Il montra le sauf-conduit impérial aux princes et évêques allemands qui se trouvaient à Constance, au bourgmestre et aux citoyens principaux de la ville, dans la pensée que, vassaux de l'Empereur, ils respecteraient son sauf-conduit. Ce fut en vain, Jean Huss fut gardé pendant une semaine dans la maison d'un chanoine de Constance, puis jeté, le 6 décembre, dans le cachot bas et humide d'un couvent dominicain. L'Empereur, averti par Chlumski, donna immédiatement l'ordre de remettre Jean Huss en liberté; mais les pères du concile refusèrent d'obéir. Au jour de Noël, l'Empereur arriva lui-même à Constance, et demanda la liberté de Jean Huss. Il prévoyait l'effet que cette affaire produirait en Bohême, dont la couronne devait lui revenir après la mort de son frère Venceslav, et pensait bien qu'on lui imputerait tout le mal qui aurait été fait. Après avoir plusieurs fois menacé le concile de se retirer, il quitta Constance. Une députation de cardinaux vint lui représenter que le concile avait le droit de traiter Jean Huss suivant son bon plaisir, que personne n'était engagé par une promesse faite à un hérétique, et qu'au cas où l'Empereur ne reviendrait pas à Constance et n'abandonnerait pas Jean Huss, les pères étaient décidés à dissoudre le concile et à abandonner l'Église aux entreprises des réformateurs. Ces considérations amenèrent Sigismond à rentrer dans la ville, et à déclarer, le 1er janvier 1415, qu'il ne se mêlerait pas davantage de cette affaire.