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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 203 — APPENDICE

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La domination des Avars, qui avaient presque ruiné l'empire grec, se vit ébranlée à sa base par la révolte des Slaves de l'Ouest, sous le règne de l'empereur Héraclius (610-41); la nation slave des Serbes et des Chrobates (Serviens et Croates) ayant été appelée par cet empereur à les chasser des provinces méridionales du Danube, cette circonstance laissa les Slaves en paisible possession du Péloponèse et des autres terres qu'ils avaient enlevées aux Avars. Suivant la pente naturelle de leurs dispositions au calme, ils adoptèrent, comme ils l'avaient fait dans d'autres contrées, les occupations tranquilles de l'agriculture et de l'industrie, et ils perdirent bientôt toute trace de cette humeur guerrière qui semblait les caractériser au temps de leur invasion dans l'empire grec. Cette transformation fournit aux monarques byzantins les moyens de les attaquer avec succès; Constant II (642-68) porta la guerre dans le pays des Slaves, afin d'ouvrir une communication entre la capitale, d'une part, et Philippi et Thessalonique de l'autre. Justinien II (685-95 et 705-10) dirigea aussi une expédition victorieuse contre les Slaves, et fit un grand nombre de prisonniers qu'il transplanta dans l'Asie-Mineure. L'empire grec ayant repris une énergie momentanée sous la dynastie isaurienne, Constantin Copronyme poussa ses conquêtes sur le territoire des Slaves jusqu'à Bérée, au-dessus de Thessalonique, ainsi qu'on n'en saurait douter en examinant la délimitation des frontières de l'empire faite par les ordres de l'impératrice Irène, en 793. Les Slaves du Péloponèse furent conquis, sous le règne de l'empereur Michel III, à l'exception des Milingi et des Eseritæ qui habitaient Lacédémone et Elis, ainsi que le rapporte Constantin Porphyrogenète[203].

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