Note (retour) — ENFANCE DE CHARLES LINNÉ.
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Charles continuait à dormir, mais d'un sommeil pénible et bruyant et comme si quelque cauchemar l'avait oppressé. Il faisait pourtant un beau rêve, plus glorieux peut-être que celui qu'il avait fait une nuit sous le toit de son père, mais il n'en éprouvait pas le même contentement: ce songe lui semblait une dérision de la destinée présente; on raisonne parfois dans les rêves: il se voyait entouré de quatre hommes tout-puissants qui tenaient des sceptres et qui avaient des couronnes sur la tête; à ces couronnes, à leurs armes et aux décorations qu'ils portaient, il reconnaissait dans ces hommes le roi de Suède, le roi de France, le roi d'Angleterre et le roi d'Espagne 9. Tous quatre lui souriaient, répandaient à ses pieds des trésors et déposaient sur sa tête la couronne de la noblesse. Lui, ébloui, se débattait contre le vertige, et de là venait l'agitation de son sommeil.