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Enfances célèbres

Note (retour) — DEUX ENFANTS DE CHARLES Ier.

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«Le roi me dit qu'il était heureux que je fusse venue, car, quoiqu'il n'eût pas le temps de me dire beaucoup de choses, il désirait me parler de ce qu'il ne pouvait confier qu'à moi: il avait craint, ajouta-t-il, que la cruauté de ses gardiens ne le privât de cette dernière douceur. «Mais peut-être, mon cher coeur, poursuivit-il, tu oublieras ce que je vais te dire;» et il versa alors d'abondantes larmes. Je l'assurai que j'écrirais toutes ses paroles. «Mon enfant, reprit-il, je ne veux pas que vous vous désoliez pour moi; ma mort est glorieuse, je meurs pour les lois et la religion.» Il me nomma ensuite les livres que je devais lire contre la papauté 6; il m'assura qu'il pardonnait à ses ennemis et qu'il désirait que Dieu lui pardonnât. Il nous recommanda de leur pardonner nous-mêmes; il me répéta plusieurs fois de dire à ma mère que sa pensée ne s'était jamais éloignée d'elle, et que son amour serait le même jusqu'à la fin. Il nous ordonna, à mon frère et à moi, de lui obéir et de l'aimer; et, comme nous pleurions, il nous dit encore qu'il ne fallait pas nous affliger pour lui, qu'il mourait en martyr, certain que le trône serait rendu un jour à son fils, et que nous serions alors tous plus heureux que s'il eût vécu. Il prit ensuite mon frère Glocester sur ses genoux; et lui dit: «Mon cher coeur, on va bientôt couper la tête de ton père!» L'enfant le regarda attentivement: «Écoute-moi bien, reprit le roi, on va couper la tête de ton père et peut-être voudra-t-on après te faire roi; mais n'oublie jamais ce que je te dis, tu ne dois pas être roi tant que ton frère Charles et ton frère Jacques vivront. C'est pourquoi je t'ordonne de ne pas te laisser faire roi.»

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