Note (retour) — DEUX ENFANTS DE CHARLES Ier.
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Sa famille était dispersée, la reine (Henriette, fille de Henri IV) avait passé en Hollande (avant la déchéance du roi) avec la princesse royale qui épousa le prince d'Orange; la reine était revenue en Angleterre ramener des secours pour la royauté; mais elle fut forcée de se réfugier bientôt en France, où la princesse Henriette (qu'immortalisa Bossuet), le prince de Galles (qui fut plus tard Charles III), et le duc d'York (qui devint Jacques II), la rejoignirent.--Deux autres enfants, la petite princesse Élisabeth et son plus jeune frère le duc de Glocester, n'avaient pu quitter l'Angleterre pendant la captivité de leur père; ils furent confiés par le Parlement à la comtesse de Leicester; elle eut pour eux des soins de mère. Il est rare, malgré la guerre et les passions politiques qui déchaînent les hommes, qu'une femme se prête au rôle de geôlier et persécute l'enfance! Ces deux derniers enfants du roi, d'une intelligence précoce et d'une beauté frappante que Van Dyck a rendue dans un tableau de famille, étaient ceux que le pauvre monarque prisonnier aimait entre tous; il demanda vainement à les voir pendant qu'il était enfermé à Carisbrooke. Mais le 29 janvier 1649, les soldats de Cromwell virent passer sous la sombre porte de Whitehall deux enfants conduits par une lady 4; une petite fille de treize ans, vêtue de noir, avec la fraise à la Médicis entourant son cou délicat et montant jusqu'à l'ovale expressif de sa tête blonde, donnait la main à un petit garçon de huit ans, frêle et amaigri comme elle: c'étaient le frère et la soeur; tous deux étaient si tristes et si graves, qu'ils faisaient involontairement songer à ce vers de Shakspeare.