Note 1 — CHAPITRE PREMIER.
Reading edition
Évariste Parny, auteur, en l'an VII, du poëme de la
Guerre des Dieux
, dans lequel on ne reconnaît plus le chantre délicatement voluptueux d'
Éléonore
, du
Lendemain
, et de la
Journée champêtre
, a fait usage de cette anecdote dans le deuxième chant de ce poëme, première édition. Il l'a supprimée dans la seconde édition, et c'est peut-être un second tort. C'est dans cet Éloge qu'il a trouvé ce mystère qu'il fait jouer à la famille de Dieu: il n'a donc pas eu le mérite d'une grande invention dans ce poëme.
Pensant que le lecteur en sera satisfait, nous reproduisons ce morceau, qui du reste tient ici naturellement sa place:
Du Paradis la troupe infatigable, Pour terminer, joua la Passion, Et joua bien. Les conviés, dit-on, Goûtèrent peu ce drame lamentable. Mais un malheur qu'on n'avait pas prévu Du dénouement égaya la tristesse: Bien flagellé, le héros de la pièce Était déjà sur la croix étendu. On choisissait pour ce rôle pénible Un jeune acteur intelligent, sensible, Beau, vigoureux, et sachant bien mourir, Il était nu des pieds jusqu'à la tête: Un blanc papier qu'une ficelle arrête Couvrait pourtant ce que l'on doit couvrir. Charmante encore après sa pénitence, La Magdelène au pied de la potence Versait des pleurs: ses longs cheveux épars, Son joli sein qui jamais ne repose, Du crucifié attirait les regards. Il voyait tout, jusqu'au bouton de rose; Quelquefois même il voyait au-delà. Prêt à mourir, cet aspect le troubla. Il tenait bon; mais quelle fut sa peine, Quand le feuillet vint à se soulever! «Otez, dit-il, ôtez la Magdelène! Otez-la donc, le papier va crever.» Soudain il crève; et la Vierge elle-même Pour ne pas rire a fait un vain effort. «Le tour est bon, dit le Père suprême, On le voit bien, le drôle n'est pas mort.»