Note 34 — X
G. (Georges) Hérelle translation
Les poètes improvisateurs sont nombreux en Sardaigne. Presque tous les paysans et les pâtres, lorsqu’ils se trouvent en joyeuse compagnie, improvisent sur un sujet quelconque des vers alternés, comme dans les églogues de Théocrite et de Virgile. Ces improvisations prennent habituellement la forme d’un débat où les adversaires soutiennent deux thèses opposées ; par exemple, l’un prétend que le vin est une bonne chose et qu’on a raison de boire, l’autre soutient le contraire. La dispute peut se prolonger pendant des heures. La forme prosodique des improvisations est presque toujours le sixain ou le huitain ; les vers sont rudes, mais la rime est juste ; et, souvent, il y a dans les images une originalité ingénieuse qui dénote chez le peuple sarde un véritable instinct poétique.