Note 57 — X
Reading edition
M. de Choiseul-Meuze fit mieux encore : s’étant embarrassé dans un fiacre (février 1783) il commença par rouer le cocher de vingt à vingt-cinq coups de canne, puis il le larda à coups de dard, pour le punir d’avoir osé se défendre avec son fouet. Mais il n’en fut pas quitte si aisément qu’il l’avait cru. Vers la même époque, le marquis de la Grange frappa si brutalement de sa canne un cocher qui l’avait froissé contre un mur, qu’il le blessa grièvement : il aurait été pendu sur-le-champ par le peuple indigné, sans l’intervention de la garde. On lit, dans les Nouvelles à la main, Mss. de Pidansat de Mairobert (Bib. Mazar. H, 2803, H), à la date du 17 janvier 1773 : « Le nommé Longueil, un des graveurs des plus célèbres, a percé, ces jours derniers, d’un coup d’épée un cocher, sous prétexte qu’il ne voulait pas se ranger, et il a été conduit en prison ; le cocher en est mort. Cet artiste est un brutal, et c’est la troisième aventure de ce genre qui lui arrive. » La condition des cochers, comme celle des poëtes, a bien changé aujourd’hui : on ne les tue plus comme cela ; ce sont eux, au contraire, qui tuent les bourgeois tracassiers pour les mettre à la raison.