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Discours de la méthode

Note 25 — OEUVRES DE DESCARTES.

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Note 25:

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Il est très sûr que Descartes prévit toutes les persécutions qui l'attendoient. Il avoit souvent résolu de ne rien faire imprimer, et il ne céda jamais qu'aux plus pressantes sollicitations de ses amis. Souvent il regretta son loisir, qui lui échappoit pour un vain fantôme de gloire. Newton, après lui, eut le même sentiment; et au milieu des querelles philosophiques, il se reprocha plus d'une fois d'avoir perdu son repos. Ainsi les hommes qui ont le plus éclairé le genre humain ont été forcés à s'en repentir. Au reste, Descartes ne fut jamais plus philosophe que lorsque ses ennemis l'étoient le moins... Descartes crut qu'il valoit mieux miner insensiblement les barrières, que de les renverser avec éclat. Il voulut cacher la vérité comme on cache l'erreur. Il tâcha de persuader que ses principes étaient les mêmes que ceux d'Aristote. Sans cesse il recommandoit la modération à ses disciples. Mais il s'en falloit bien que ses disciples fussent aussi philosophes que lui. Ils étoient trop sensibles à la gloire de ne pas penser comme le reste des hommes. La persécution les animoit encore, et ajoutoit à l'enthousiasme. Descartes eût consenti à être ignoré pour être utile: mais ses disciples jouissoient avec orgueil des lumières de leur maître, et insultoient à l'ignorance qu'ils avoient à combattre. Ce n'étoit pas le moyen d'avoir raison.

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