← Table of contents
Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 8 - (Q suite - R - S)

Note 335 — L'ARCHITECTURE (continued 8)

Reading edition

Note 335:

(retour)

À ce sujet, nous croyons devoir citer ici une note, en partie inédite, de M. Aurès, et que nous devons à son extrême obligeance... «Il me paraît incontestable que les temples de Pestum, aussi bien que celui de Métaponte et même ceux d'Agrigente, ont été construits par des artistes qui employaient le pied

italique

, divisé en douze onces, à l'exclusion complète du pied grec et de sa division en seize dactyles. Et ce n'est là encore que le moindre des résultats auxquels je parviens, car le

choix des nombres

et l'emploi d'un module pris sur le diamètre moyen des colonnes sont, d'un bout à l'autre, singulièrement remarquables à Pestum.

«Voici, en particulier, un détail relatif aux chapiteaux du grand temple. Si on les considère comme divisés dans le sens horizontal, en deux parties distinctes, l'une, supérieure, comprenant le tailloir et l'échine, l'autre, inférieure, comprenant les annelets, le prolongement du fût et les refouillements de la gorge, on trouve les relations suivantes entre les dimensions des chapiteaux des trois ordres:

Partie inférieure Partie supérieure Hauteur totale Petit ordre supérieur. 9º 16º 25º Ordre moyen inférieur. 11º 25º 36º Grand ordre extérieur. 15º 36º 51º

«Ainsi, la hauteur totale du petit chapiteau (25º) est égale à la hauteur de la partie supérieure du chapiteau moyen, comme la hauteur totale de ce dernier chapiteau (36º) est égale à la hauteur de la partie supérieure du grand chapiteau.

«Cette dernière hauteur de 36º, égale à 3 pieds, est d'ailleurs le module qui a servi à déterminer toutes les dimensions du temple; c'est la largeur d'un triglyphe. Or, remarquez ce nombre 3. Non-seulement il est impair et premier, mais c'est aussi le nombre sacré par excellence. Observons aussi les nombres 16--25--36, qui expriment les hauteurs des parties supérieures des trois chapiteaux: le premier est le carré de 4; le second est le carré de 5; le troisième est le carré de 6.

«Nam quadrati numeri potentissimi ducuntur, ainsi que Censorin nous l'enseigne dans son traité De die natali, au chapitre XIV (dans l'édition de Venise, 1581, cette citation se trouve au chapitre IV).

«Ai-je besoin d'ajouter que ces nombres carrés eux-mêmes conservent encore aujourd'hui le nom de puissances, puisque les mathématiciens disent dans le langage usuel: deuxième puissance, troisième puissance d'un nombre, pour exprimer le carré ou le cube?

«Mais portons notre attention surtout sur les nombres 9, 16 et 25, qui correspondent aux trois hauteurs du petit chapiteau. Ce sont les carrés des nombres 3, 4 et 5, lesquels servent à former le triangle symbolique (égyptien) qui a joué un si grand rôle dans l'antiquité. Ce triangle sert d'ailleurs à déterminer l'inclinaison de l'échine des chapiteaux de Pestum. Il sert encore à déterminer l'inclinaison de l'échine des chapiteaux du Parthénon (ordre intérieur); seulement, dans ce dernier exemple, le triangle est renversé: c'est le côté vertical qui est égal à 4, et le côté horizontal qui est égal à 3.

«Si la hauteur de la partie inférieure du chapiteau du grand ordre (à Pestum) avait pu être égale à 13º au lieu de 15º, la hauteur totale de ce chapiteau aurait été elle-même égale à 49º, c'est-à-dire au carré de 7. J'ai expliqué dans un mémoire sur cet édifice pourquoi le nombre 15 avait été préféré au nombre 13.

«Quoi qu'il en soit sur ce dernier point, il est de fait qu'à Pestum tous les nombres employés sont impairs ou carrés. C'est une loi générale. «Imparem enim numerum observari moris est», dit Végèce dans son traité De re militari, lib. III, cap. VIII.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings