← Table of contents
Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 3 - (C suite)

Note (retour) — L'ARCHITECTURE (continued 2)

Reading edition

«Et quant les vaillans entrepreneurs (chefs militaires), dit Alain Chartier 130, dont mercy Dieu encores en a en ce royaulme de bien esprouvez, mettent peine de tirer sur champs les nobles pour aucun bienfaire, ils delaient si longuement à partir bien enuis, et s'avancent si tost de retourner voulentiers, que à peine se puet riens bien commencer; mais à plus grant peine entretenir ne parfaire. Encores y a pis que ceste négligence. Car avec la petite voulenté de plusieurs se treuve souvent une si grant arrogance que ceulx qui ne sçauroient riens conduire par eux, ne vouldroyent armes porter soubz autruy; et tiennent à deshonneur estre subgects à celuy soubz qui leur puet venir la renommée d'honneur, que par eulx ils ne vouldroyent de acquerir. O arrogance aveugle de folie, et petite congnoissance de vertus! O très-périlleuse erreur en faits d'armes et de batailles! Par ta malediction sont desconfites et desordonnées les puissances, et les armes desjoinctes et divisées; quant chascun veult croire son sens, et suyvre son opinion. Et pour soy cuyder equiparer aux meilleurs, font souvent telles faultes, dont ilz sont deprimez soubz tous les moindres... En mémoire me vient, que j'ai souvent à plusieurs ouy dire: «Je n'iroye pour riens soubz le panon de tel. Car mon père ne fu onques soubz le sien.» Et ceste parolle n'est pas assez pesée, avant que dicte. Car les lignaiges ne font pas les chiefz de guerre, mais ceulx à qui Dieu, leurs sens, ou leurs vaillances, et l'auctorité du Prince en donnent la grâce, doivent estre pour telz obeitz: laquelle obéissance n'est mie rendue à personne, mais à l'office et à l'ordre d'armes (grade) et discipline de chevalerie, que chascun noble doit preferer à tout aultre honneur...»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings